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Parkinson: 200 ans de lutte

26.06.17
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Category: Neurology / Stroke
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Article paru dans le magazine LetzBeHealthy www.letzbehealthy.lu

Luxembourg Centre for Systems Biomedicine, Université du Luxembourg

 

Parkinson: 200 ans de lutte

Il y a 200 ans, le Britannique James Parkinson observait les symptômes de ce qu’il appela la « paralysie agitante ». Aujourd’hui nous la connaissons tous sous le nom de maladie de Parkinson et c’est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente au monde. On estime que 7 à 10 millions de personnes sont touchées dont 1,2 million en Europe, avec environ 1000 cas au Luxembourg.

Une maladie aux multiples facettes

Médecin mais aussi géologue et paléontologue, James Parkinson décrivit avec précision les «tremblements involontaires, accompagnés d’une diminution de la force musculaire et d’un ralentissement des mouvements» des patients. Ses observations détaillées constituent encore de nos jours une bonne représentation des problèmes de motricité emblématiques de la maladie. Si elle reste mal comprise, des années de recherche ont aidé à mieux connaître cette maladie complexe. On sait à présent que les symptômes ne se limitent pas aux troubles moteurs mais affectent aussi d’autres aspects du quotidien des patients. Problèmes de digestion, troubles du sommeil, dégradation de l’odorat et de la vue... Les impacts sur la qualité de vie sont multiples.

La L-DOPA qui est transformée en dopamine dans le cerveau, est aujourd’hui encore le standard en matière de traitement.

Quelques millimètres dans le cerveau et une petite molécule

En plus de recenser les symptômes, les médecins ont depuis longtemps cherché à identifier les causes de la maladie. Au début du 20e siècle, des neuro-pathologistes examinent les cerveaux de patients après leur mort et découvrent qu’ils présentent des anomalies: des amas de cellules, plus tard baptisés corps de Lewy, et des lésions au niveau de la substance noire, une petite zone de quelques millimètres au centre du cerveau. Ces premières observations sont aujourd’hui encore à la base de la recherche sur la maladie de Parkinson.

Dans les années 50, des travaux scientifiques ont montré le rôle central de la dopamine, une molécule servant de messager chimique dans le cerveau. Chez les patients, les neurones de la substance noire qui produisent cette molécule vieillissent de façon précoce et meurent progressivement. En l’absence de dopamine, l’exécution des mouvements ne se fait plus correctement.

De la phytothérapie à la chirurgie

Très vite, les premiers traitements ont cherché à remplacer la dopamine manquante. Extraite d’une plante, la fève Ficia faba, et purifiée pour un usage pharmaceutique, la L-DOPA fut utilisée dès 1961 pour soulager les patients parkinsoniens. Cette molécule, qui est transformée en dopamine dans le cerveau, est aujourd’hui encore le standard en matière de traitement.

Plusieurs alternatives thérapeutiques existent maintenant, que ce soit au niveau du mode de délivrance (gel et pompe intestinale, injections sous-cutanées) ou du type de molécule, mais l’objectif reste toujours d’apporter de la dopamine en quantité suffisante. S’il n’existe actuellement pas de traitement pouvant stopper la progression de la maladie, ces différentes solutions permettent d’atténuer une partie des symptômes et de s’adapter à l’évolution de la maladie ainsi qu’aux effets secondaires.

En parallèle des traitements médicamenteux, des procédures chirurgicales ont aussi été développées très tôt pour traiter les tremblements des patients parkinsoniens. Utilisée depuis les années 80, la stimulation cérébrale profonde permet un meilleur contrôle des mouvements grâce à des électrodes placées dans le cerveau.

Une étude clinique est actuellement menée au Centre hospitalier de Luxembourg pour tester une nouvelle technique de stimulation cérébrale profonde combinée. Cette méthode a pour objectif d’aider les patients qui souffrent de blocages de la marche, un phénomène jusqu’ici difficilement contrôlable. Les premiers résultats sont prometteurs.

Génétique, environnement, immunothérapie... on progresse

En plus de la dégénérescence de la substance noire, d’autres mécanismes sont étudiés. Dans les années 90, des chercheurs ont identifié la protéine composant les corps de Lewy. Une anomalie au niveau de cette protéine, l’alpha-synucléine, est aujourd’hui considérée comme une des causes de la maladie de Parkinson. Les scientifiques explorent maintenant le concept de l’immunothérapie (utiliser notre propre système immunitaire pour se défendre) dans l’espoir d’empêcher la formation de ces amas de synucléine.

Grâce aux progrès en génétique, 23 gènes jouant un rôle dans la maladie sont maintenant connus et constituent autant de portes d’entrée vers une meilleure compréhension des nombreux mécanismes impliqués. La thérapie génique est aussi une nouvelle piste pour protéger les neurones vulnérables et rétablir le niveau de dopamine.

Les chercheurs s’intéressent également aux facteurs environnementaux qui pourraient favoriser l’apparition de la maladie. Le risque accru en cas d’exposition aux pesticides est par exemple bien établi. En France, la maladie de Parkinson est d’ailleurs reconnue comme maladie professionnelle pour les agriculteurs. De nombreux paramètres liés à l’environnement pourraient ainsi entrer en ligne de compte et interagir avec les facteurs génétiques. De nouveaux groupes de recherche, notamment au Luxembourg, se tournent vers cette thématique prometteuse.

Une anomalie au niveau de l’alpha-synucléine, est aujourd’hui considérée comme une des causes de la maladie de Parkinson.

Au Luxembourg, la recherche a besoin de vous !

Plusieurs institutions luxembourgeoises collaborent au sein d’un programme de recherche dédié à la maladie de Parkinson (NCER-PD) avec deux objectifs: être capable de diagnostiquer la maladie beaucoup plus tôt et de développer des traitements personnalisés. Comme l’explique le professeur Rejko Krüger, responsable de l’étude,
«un aspect fondamental de notre travail est de permettre aux patients de profiter le plus vite possible des résultats de la recherche». Pour y arriver les chercheurs ont besoin de l’aide de volontaires qui acceptent de participer à l’étude clinique. Grâce à des patients et à des participants qui ne souffrent pas de la maladie, ils collectent des données et comparent volontaires sains et malades. Si vous voulez donner un coup de pouce à la recherche, n’hésitez pas à rejoindre cette aventure scientifique !

Pour participer à l’étude sur la maladie de Parkinson, comme patient ou volontaire sain, contactez l’équipe de la Clinique de recherche Parkinson

Tél: (+352) 44 11 - 48 48
parkinson@chl.lu  - www.parkinson.lu

 

 

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