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Etude MIPAClux

20.10.17
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Category: Oncology / Cancer
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Article paru dans l’édition Septembre du magazine SEMPER www.dsb.lu 
Rubrique sous la direction du Dr Chioti, responsable du Centre d’Investigation et d’Epidémiologie Clinique au LIH, Directrice adjointe du Department of Population Health

Motiver les personnes atteintes d’un cancer à adopter un style de vie actif

L’activité physique a des bénéfices reconnus dans la prévention ainsi que dans le traitement de plusieurs types de cancer. Le Luxembourg Institute of Health (LIH) vient de lancer l’étude MIPAClux, soutenue par la Fondation Cancer, qui vise à évaluer la faisabilité et l’efficacité des entretiens motivationnels sur le niveau d’activité physique, la condition physique et la qualité de vie de patients atteints d’un cancer.

Activité physique pour prévenir le développement de certains cancers

Le manque d’activité physique est de plus en plus reconnu comme un facteur de risque du cancer. Ainsi, une étude impliquant plus de 1,44 million de personnes a récemment démontré que la pratique d’une activité phy¬sique régulière permettait de diminuer le risque de survenue d’au moins 10 types de cancer – dont le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer de l’endomètre – indépendamment d’autres facteurs de risque comme le tabagisme ou l’obésité.

Dans la population générale, la mortalité due aux cancers pourrait être réduite de 13% si les recommanda¬tions mondiales* en matière d’activité physique pour la santé étaient suivies.

Activité physique pour aider les patients atteints d’un cancer

De nombreuses études publiées ces dernières années suggèrent un rôle préventif de l’activité physique sur le risque de récidive et de décès par cancer chez des patients sous traitement. Ainsi, les preuves des bénéfices de l’activité physique sur le pronostic sont évidentes pour de  nombreux types de cancer. A la suite d’un cancer, les patients ont un risque plus important de présenter des comorbidités telles que la dépression, l’obésité, le diabète ou des problèmes cardiaques. Ce risque est diminué par la pratique régulière d’une activité physique, qui engendre de nombreux bénéfices corporels : elle contribue au maintien et au développement de la capacité cardio-pulmonaire, de la force musculaire, de la densité osseuse, de la flexibilité et de l’équilibre; elle facilite la gestion du poids corporel et diminue la fatigue. Sur le plan émotionnel, on note que l’activité physique permet d’améliorer le sommeil et d’augmenter l’estime de soi; elle diminue la dépression et la dépendance. Par conséquent, l’activité physique contribue largement à améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer.

Une offre d’activité physique thérapeutique encore trop peu utilisée

Actuellement, plus de 14 heures d’activité physique (gymnastique, marche nordique, aquagym, yoga, muscula¬tion) sont offertes chaque semaine au Luxembourg pour les personnes qui ont eu un cancer. Elles sont encadrées par des professionnels du sport et/ou de la santé et sont organisées par la Fondation Cancer et l’Association Luxembourgeoise des Groupes Sportifs Oncologiques. Les détails (horaires, lieux, coûts, etc.) sont dispo¬nibles sur les sites internet respectifs des organisations qui les proposent, mais également sur le Portail Sport-Santé (www.sport-sante.lu).

Malgré les bienfaits démontrés de l’activité physique et l’offre de cours disponible au Luxembourg, le taux de participation reste relativement limité. Le faible engagement dans les activités physiques des patients au Luxembourg n’est pas très différent de ce que l’on observe dans les autres pays à revenu élevé. Aux États-Unis et en Australie, moins de 50% des patients qui ont eu un cancer du sein atteignent les recommandations minimales en matière d’activité physique*. Ainsi, ce problème mérite une plus grande attention.

Motiver les patients à être plus actifs

Depuis quelques années, un changement de paradigme est en train de s’opérer dans toute une série de pays, à savoir la prescription des activités physiques par les médecins. Or, la seule prescription ne semble pas être suffisante pour modifier durablement le comportement des patients vers un style de vie plus actif comprenant la pratique régulière de l’activité physique. Ainsi, il est important d’inscrire les recommandations en matière d’activité physique dans un processus motivationnel personnalisé aux spécificités de chaque patient. Les entretiens motivationnels, utilisés depuis longtemps dans le traitement des comportements addictifs, font l’objet d’une attention récente pour lutter contre l’inactivité physique.

Cette approche utilise des discussions ouvertes entre un conseiller et un patient pour développer ses propres motivations dans le but d’obtenir un changement de comportement durable. Le patient est régulièrement guidé par le conseiller lors d’entretiens téléphoniques et/ou en face-à-face pour explorer et supprimer ses contradictions par rapport au manque d’activité physique.

Les entretiens motivationnels ont plusieurs avantages qui permettent une implémentation rapide dans le système de santé. L’ensemble des professionnels de la santé et/ou du sport peuvent réaliser efficacement les entretiens motivationnels, après avoir suivi une formation spécifique. De plus, cette technique nécessite relativement peu de temps de contact avec les patients comparé à d’autres stratégies de changement de comportement. Enfin, l’entretien motivationnel est particulièrement bien accepté par les patients. Cette approche s’est révélée efficace pour augmenter le niveau d’activité physique de patients atteints de maladies chroniques telles que la fibromyalgie, la sclérose en plaques, l’obésité et les maladies cardiovasculaires. En revanche, il existe actuellement peu de données concernant l’effet des entretiens motivationnels sur le changement des niveaux d’activité physique chez des patients atteints d’un cancer. Il est ainsi nécessaire d’étudier l’efficacité des entretiens motivationnels pour modifier durablement le comportement de patients atteints d’un cancer au regard de l’activité physique. C’est dans ce contexte que l’étude MIPAClux# a été développée.

Lancement de l’étude MIPAClux

 

L’étude MIPAClux, soutenue par la Fondation Cancer, est conduite par le Sports Medicine Research Laboratory du LIH. «L’objectif est d’évaluer la faisabilité et l’effica¬cité des entretiens motivationnels sur le niveau d’acti¬vité physique, la condition physique et la qualité de vie de patients atteints d’un cancer.» explique le Dr Alexis Lion, chef du projet MIPAClux.

Parmi les patients souhaitant participer à cette étude-pilote, un groupe sera sélectionné au hasard et recevra, parallèlement aux soins standards, 12 séances d’entretien motivationnel en 12 semaines, soit un par semaine. Un second groupe, le groupe contrôle, recevra uniquement les soins standards. Cette démarche méthodologique permettra ensuite de comparer les deux groupes et d’étudier les effets des entretiens motivationnels. Plusieurs mesures seront réalisées avant et après la période de suivi auprès des participants. L’activité physique courante sera évaluée grâce à un accéléromètre, un capteur porté pendant une semaine par le patient et qui enregistre les mouvements du corps. La condition physique sera évaluée grâce à un test d’endurance sur tapis roulant et des mesures de la force musculaire des membres inférieurs et supérieurs. L’ensemble de ces mesures seront réalisées avant et après la période de trois mois durant laquelle les entretiens motivationnels seront proposés. Ces mesures seront également prises après six mois de suivi, afin d’évaluer les changements de comportement à plus long terme. Enfin, la rentabilité des entretiens motiva¬tionnels sera évaluée par un modèle économique à partir de questionnaires sur la qualité de vie et les dépenses liées à la santé et la pratique des activités physiques. L’étude MIPAClux se focalise (pour l’instant) sur les pa¬tients qui ont (eu) un cancer non métastatique, soit du sein, du colon ou de l’endomètre. Les patients seront recrutés au moins trois mois après la chirurgie ou la chimiothérapie, et jusqu’à 24 mois après la fin du dernier traitement primaire contre le cancer. Enfin, les patients admissibles doivent être en mesure de s’engager dans une activité physique régulière. Les résultats de cette étude-pilote permettront d’évaluer l’intérêt d’introduire les entretiens motivationnels dans la routine clinique et d’étendre la démarche à d’autres types de patients.

* Recommandations mondiales (Organisation Mondiale de la Santé) en matière d’activité physique pour la santé pour une personne adulte: au moins 150 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée ou 75 minutes par semaine d’activité physique d’intensité vigoureuse.
# Motivational interviewing to increase physical activity behaviour in breast, endometrial and colorectal cancer patients in the Grand- Duchy of Luxembourg: a pilot randomised controlled trial.
Plus d’informations sur MIPAClux: alexis.lion@lih.lu

 

 

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